L'histoire des Objets de Kiwanis

 

Les six Objets de Kiwanis demeurent l'un des repères forts de notre organisation.

En 1917, l'organisateur professionnel Allen S. Browne a forgé une devise et un credo pour Kiwanis, deux ans après avoir aidé à créer le premier club à Détroit, dans le Michigan. La devise était la suivante : « Le service porte en lui sa propre récompense ».

Le credo était un document éloquent. Mais il commençait de la manière suivante :

Premièrement — Prendre conscience que je suis un homme d'affaires, et ne souhaiter aucun succès qui ne soit obtenu en fournissant le meilleur service que je sois en mesure de fournir.

Deuxièmement — Faire de mon mieux pour élever et améliorer l'activité dans laquelle je suis impliqué et me conduire de telle manière que les autres personnes travaillant dans la même direction jugent profitable et souhaitable d'agir de même.

Et il se terminait par cette affirmation :

Douzièmement — Prendre conscience que je ne vis pas pour moi-même mais pour les autres.

Le credo de Browne ne dura qu'une année. Lors du congrès de Kiwanis International 1918 qui se tint à Providence, dans l'État de Rhode Island, les délégués approuvèrent une constitution destinée à unifier l'organisation alors en plein essor.  La constitution se référait à un groupe de principes directeurs intitulés « Objets ».

Bien que concis et centrés sur la Règle d'or, ces nouveaux principes ne satisfaisaient par les membres, qui en 1923 demandèrent la révision de la constitution. Plus de 800 pages de suggestions furent soumises et examinées. Parmi ces idées se trouvaient six affirmations proposées par le gouverneur du district de New York Lew Mitchell.

Pour comprendre l'esprit dans lequel furent rédigées ces affirmations, il faut avoir présent à l'esprit le contexte au sein de l'organisation ainsi que de la société nord-américaine de l'époque.

Lors du congrès de Kiwanis International 1919 organisé à Birmingham, dans l'État d'Alabama, les Kiwaniens avaient racheté organisation à son fondateur et organisateur Allen S. Browne. À ce stade, les membres souhaitaient mettre l'accent non plus sur la mise en réseau et la promotion des entreprises mais sur un service désintéressé.

C'est aussi l'époque où le monde sortait d'une guerre mondiale. Les scandales avaient affaibli la confiance de la population dans les entreprises et les gouvernements. Les chevaux et les mules disparaissaient des routes et des champs, remplacés par les voitures, les camions et les tracteurs. Les populations urbaines d'Amérique du Nord augmentaient.

L'adhésion à des fraternités et à des clubs était en pleine expansion. Kiwanis devait définir sa mission de manière à fédérer les 90 000 membres issus de 1 249 collectivités tout en se distinguant de toutes les autres organisations.

L'un des Objets de Mitchell, en particulier, était sensiblement différent du credo des autres clubs. C'était aussi celui qui était le plus controversé. Tout cela à cause d'un adjectif : spirituel.

« Je reconnaissais entièrement, admit M. Mitchell, qu'il fallait peut-être commenter le mot "spirituel", qui est utilisé au sens le plus large, pas du tout dans un sens religieux. Pour moi, c'est la tâche la plus élevée que Kiwanis puisse se fixer […] mettre l'accent sur les valeurs spirituelles plutôt que matérielles. »  

Le secrétaire de Kiwanis International Fred C.W. Parker approuva les Objets, mais il craignait que le mot "spirituel" ne soit mal interprété. John H. Moss suggéra de le remplacer par le mot "éthique". Mais Mitchell ne céda pas.

« Je crois qu'en mettant l'accent sur les valeurs spirituelles, nous nous inscrivons dans une dimension intemporelle de la civilisation. Quant à introduire le nom du Créateur, je suis contre, […] parce que je sais […] que nous avons des membres qui ne croient pas en l'existence d'un Créateur, et nous devons les respecter. Il incombe aux églises de s'occuper de la relation de l'homme avec son Créateur. Quant à nous, nous nous occupons spécifiquement de la relation de l'homme avec son prochain. »

« Je suis d'accord avec le mot "spirituel" », affirma le président 1918–19 Perry Patterson, un éminent avocat de Chicago. « Ma conception du spirituel n'a rien à voir avec la théologie. Ma conception du spirituel se réfère à des qualités de caractère – telles que le courage, l'imagination, l'intégrité, la vision, la foi, l'espoir. »  

C'est ainsi – moyennant quelques ajustements mineurs – que les Objets de Kiwanis furent approuvés par le comité.

En juin 1924, le président de Kiwanis International Ed Arras monta à la tribune lors du congrès de Kiwanis International organisé à Denver, dans l'État du Colorado, et introduisit les six nouveaux Objets proposés à l'organisation.

Ce fut le moment déterminant pour Kiwanis. M. Arras était convaincu que les six phrases fragmentées qui figuraient sur les pages de son discours définissaient le cœur – l'essence – de Kiwanis. Les voici :

  • Assurer la primauté des valeurs humaines et spirituelles sur les valeurs matérielles.
  • Encourager l'application quotidienne de la Règle d'or dans toutes les relations humaines.
  • Promouvoir l'adoption et l'application de normes sociales, commerciales et professionnelles plus ambitieuses.
  • Développer, par les principes et par l'exemple, une citoyenneté plus intelligente, dynamique et altruiste.
  • Fournir, via les clubs Kiwanis, un moyen pratique de nouer des amitiés durables, de rendre des services de manière altruiste et de créer de meilleures conditions de vie dans les collectivités.
  • Contribuer à la bonne santé de l'opinion publique et au maintien de l'idéalisme, afin de renforcer la droiture, la justice, le patriotisme et la bonne volonté.

Les délégués les approuvèrent.

Quelques modifications furent suggérées. Une proposition, par exemple remettait en question l'adjectif "aggressive" en anglais (traduit par "dynamique" en français) pour qualifier la citoyenneté. Plus récemment, en 2012, un septième Objet a été proposé : « Pour encourager, soutenir et promouvoir une égale opportunité de servir ». Les Objets Kiwanis demeurent toutefois inchangés.

« Le fait que les coutumes et les mœurs aient tant évolué et que les Objets continuent à être si opérants est la preuve même de leur pertinence », écrivait l'administrateur de Kiwanis International Thomas L. Husselton en mai 1949 dans un article du magazine Kiwanis. « Ce test d'un quart de siècle a montré qu'ils ne peuvent pas être améliorés parce qu'ils sont absolument fondamentaux. »  

25 ans plus tard, dans un autre article du magazine Kiwanis, le directeur de la rédaction David Williams écrivait : « Les Objets […] ont aidé à organiser Kiwanis à ses débuts, à lui donner une direction et à guider l'organisation par la suite. Aujourd'hui, ils demeurent une inspiration et un phare pour tous ceux d'entre nous qui choisissent de les redécouvrir. »

Cet article est une compilation de textes écrits au fil des années par le président de Kiwanis International 1924 Ed Arras, l'administrateur de Kiwanis International 1949 Thomas L. Husselton, l'ancien directeur de la rédaction du magazine Kiwanis David Williams et les rédacteurs du district Californie-Nevada-Hawaï Curt et Lynn Seeden.

UMA

déc. 19, 2018, 21:23
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